Arbre du mois

Environ chaque mois, je parle plus en détail d’un arbre que j’ai rencontré.

Les souches émergées du lac de la Gruyère

Le lac de la Gruyère a été formé à la suite de la construction du barrage de Rossens, terminé en 1945. Quelques années avant la fin des travaux du barrage, les forêts ont été coupées et le bois emporté. A la mise en eau du barrage, des fermes ont été noyées avec leurs champs et forêts, dont la ferme « En Corberesche » dans une anse de la Sarine, en face d’Ogoz. Avec le temps, et le passage de l’eau a érodés la terre végétale.

Le barrage turbine principalement en hiver et le niveau de l’eau est bas au printemps. A cette période de l’année on peut aller à pied sur l’ile d’Ogoz. Les berges du lac sont asséchées et laissent émerger des reliques de la forêt qui recouvrait jadis les pentes.

Trois quarts de siècles après la mise en eau du barrage, on rencontre sur les berges émergées, des reliques de souches qui semblent vouloir encore trôner sur leurs anciennes terres ou protéger les ruines de la ferme noyée de Corberesche.
Toutes des Figures extraordinaires ! Les unes arpentent ces rives temporaires ou exhibent leurs carcasses. D’autres paraissent errer sur leurs territoires perdus, tels des fantômes figés dans le sol ou égarés sur de gravier.

Les Dévots d'Ogoz
Les Dévots d'Ogoz
Fantomes figés
Fantomes figés
Chien gentil de La Pérausaz
Chien gentil de La Pérausaz
Champ de souches à La Pérausaz
Champ de souches à La Pérausaz
Tricérapère de Thusy
Tricérapère de Thusy
Souches forêt En Corberesche
Souches forêt En Corberesche
Racines traçantes à Corberesche
Racines traçantes à Corberesche
Souche échouée et le Moléson
Souche échouée et le Moléson
Marchant de Corberesche
Marchant de Corberesche
Les Sentinelles
Les Sentinelles
L'observateur de Thusy
L'observateur de Thusy

Figuiers étrangleurs en Australie (Strangler Fig)

Le lac de la Gruyère a été formé à la suite de la construction du barrage de Rossens, terminé en 1945. Quelques années avant la fin des travaux du barrage, les forêts ont été coupées et le bois emporté. A la mise en eau du barrage, des fermes ont été noyées avec leurs champs et forêts, dont la ferme « En Corberesche » dans une anse de la Sarine, en face d’Ogoz. Avec le temps, et le passage de l’eau a érodés la terre végétale.

 

Le barrage turbine principalement en hiver et le niveau de l’eau est bas au printemps. A cette période de l’année on peut aller à pied sur l’ile d’Ogoz. Les berges du lac sont asséchées et laissent émerger des reliques de la forêt qui recouvrait jadis les pentes.

 

Trois quarts de siècles après la mise en eau du barrage, on rencontre sur les berges émergées, des reliques de souches qui semblent vouloir encore trôner sur leurs anciennes terres ou protéger les ruines de la ferme noyée de Corberesche.

Toutes des Figures extraordinaires ! Les unes arpentent ces rives temporaires ou exhibent leurs carcasses. D’autres paraissent errer sur leurs territoires perdus, tels des fantômes figés dans le sol ou égarés sur de gravier.

Canopée - là où germent les figuiers étrangleurs
Canopée - là où germent les figuiers étrangleurs
Figuier étrangleur_Morans Fall
Figuier étrangleur_Morans Fall
Racines aériennes jeunes (wiki)
Racines aériennes jeunes (wiki)
Racines aériennes, Treilli (wiki)
Racines aériennes, Treilli (wiki)
Racines aériennes (wiki)
Racines aériennes (wiki)
Racines aériennes (virens)
Racines aériennes (virens)
Racines étrangleuses (wiki)
Racines étrangleuses (wiki)
Tronc étranglé (F.virens)
Tronc étranglé (F.virens)
Tronc vide (wiki)
Tronc vide (wiki)
Tronc vide intérieur (wiki)
Tronc vide intérieur (wiki)
Racines de contrefort (wiki)
Racines de contrefort (wiki)

Le gros Chêne des Perrolets St-Jean, Neuchâtel

On s’affaire sur les rives du lac de Neuchâtel. On enfonce des pieux dans le sol. Nous sommes au néolithique, il y a environ 6000 ans. Ces pieux serviront de base pour des habitations.
Un groupe se fixe sur les rives du lac et construit un village de maisons sur pilotis. Un village palafittique.
Le bois le plus utilisé pour ces constructions, pieux, plancher, etc… est le chêne sessile. Ils ne sont pas allés chercher ses arbres bien loin. Ils les ont coupés dans les forêts au-dessus du lac.

Le Gros Chêne de Perrolets St-Jean n’a pas vu passer les lacustres pour choisir leurs arbres, mais avec ses 300 ans bien sonnés, le jeune chêne a peut-être été le témoin, de discussions et intrigues pour la succession de Marie de Nemours. En effet, le procès de 1707 dû trancher entre les 13 prétendants à sa succession. Pour finir, les neuchâtelois choisirent la Prusse comme suzerain, ce qui leur garantissaient le respect de leur confession et une bonne autonomie, avec un roi habitant à plus de 200 lieues de là !

Le Gros Chêne de Perrolets St-Jean est un chêne sessile, également appelé chêne rouvre. Il pousse dans les hauts de Neuchâtel. Avec 4.2 m de circonférence et plus de 30 mètres de hauteur, il est le plus vieux et le plus grand chêne forestier du canton de Neuchâtel.

Son écorce est grise et rugueuse avec des sillons qui canalisent l’eau de pluie. En regardant de plus près, on remarque que l’écorce de « notre » chêne de Perrolets St-Jean a des sillons bien plus profond côté soleil, qu’à l’ombre. Il n’est pas exceptionnel de ce point de vue et cette particularité est assez commune dans le monde des chênes, spécificité qui permet de mieux réguler la température du tronc.

Les journaux ont relaté l’évacuation, le 15 juin 2025, de Festi’Neuch à cause de vents à plus de 140 km/h. Loin des feux de la rampe, le Chêne de Perrolets St-Jean perdait une importante branche au même moment.

Le chêne de Perrolets St-Jean est protégé et pourra poursuivre sa « course » en toute quiétude et nous lui souhaitons longue vie.

Chêne de Perrolets St-Jean - dans son milieu
Chêne de Perrolets St-Jean - dans son milieu
Chêne Ch Perrolets St-Jean 2
Chêne Ch Perrolets St-Jean 2
Chêne Ch Perrolets St-Jean 3
Chêne Ch Perrolets St-Jean 3
Chêne Ch Perrolets St-Jean - Couronne
Chêne Ch Perrolets St-Jean - Couronne
Chêne Ch Perrolets St-Jean - Tronc 1
Chêne Ch Perrolets St-Jean - Tronc 1
Chêne de Perrolets St-Jean - Tronc 2
Chêne de Perrolets St-Jean - Tronc 2
Chêne de Perrolets St-Jean - Ecorce-Sud
Chêne de Perrolets St-Jean - Ecorce-Sud
Chêne de Perrolets St-Jean - Ecorce Nord-Est
Chêne de Perrolets St-Jean - Ecorce Nord-Est
Chêne de Perrolets St-Jean - Branche cassée
Chêne de Perrolets St-Jean - Branche cassée

Le Châtaignier de la Nalière

« Gland de Zeus ». C’est ainsi que les grecs anciens nommaient la châtaigne.
Autour de la Méditerranée, on surnommait le châtaignier « arbre à pain ». Et on moulait ses fruits pour faire de la farine.
Le châtaignier a permis à des populations entières de survivre en temps de disettes.
Les abeilles l’apprécient particulièrement et en font un miel au goût bien marqué.

Le plus vieux châtaignier du canton de Neuchâtel « habite » à La Nalière, sur la commune de St-Aubin-Sauge.

On dit qu’il a probablement été offert en cadeau à l’occasion de la construction de la première ferme de la Nalière, autour de 1604, qui elle-même aurait été une dépendance du château de Gorgier.
A plus de 400 ans, il en a dû en voir des changements de propriétaires ou de fermiers.
Il a dû en entendre des vaches avec leurs sonnettes pâturer sous ses branches.
Il pourrait nous parler longuement de la progression des modes de culture sur la ferme.

Pour l’agriculteur des lieux, ce châtaignier est l’emblème de la ferme et il protègerait la ferme de la foudre. En effet, la foudre a souvent frappé l’arbre, parfois très violement et a toujours épargné les bâtiments de ferme. Pourvu que ça dure !

« C’est notre châtaignier et on y tient. On aime manger ses fruits. On fait de la brisolée ».

Platane des Prés d’Areuse

Un platane de 200 à 250 ans habite aux Prés d’Areuse. Il a été planté entre la fin du 18ème et le début du 19ème siècle, lors de la construction de la ferme, dépendance d’une maison de maitre toute proche.

Le nom de Platane est du nom grec plátano qui veut dire large. Chez les anciens, autour de la Méditerranée, le platane était consacré aux génies. C’est l’arbre le plus vanté dans la mythologie après le cèdre.

Selon Pline, il fut apporté de l’Asie et servi même d’ornement au tombeau de Diomède. Pline dit encore qu’il y en avait un qui avait été planté de la main d’Agamemnon lui-même.

Les Grecs avaient la plus grande vénération pour cet arbre. Les Romains le faisaient même parfois arroser avec du vin.

Pour le paysan qui cultive actuellement la ferme des Près d’Areuse, ce platane, c’est le cœur de la ferme et il représente la force tranquille.

Le platane des Près d’Areuse trône au milieu de la cour de la ferme et étale loin ses larges branches. Son tronc fait plus de six mètres de circonférence. Il procure une ombre agréable et bienfaisante en été. Autrefois, en cas de risque d’orage, on mettait les chars de récoltes à l’abri de la pluie sous son large feuillage, le temps de tout rentrer avant que les nuages ne se percent.

Il sert d’ailleurs aujourd’hui encore de « pluviomètre » :  » tant que ça reste sec sous le platane, il a plu moins de 4 mm ; à 6 mm, quelques parties sont mouillées et quand tout est mouillé sous sa ramure, c’est qu’il a « fait » plus de 8 mm !« 

Les Platanes d’Entreroches

Le canal d’Entreroches devait faire partie d’un ensemble de canaux permettant de relier par voies navigables la mer du Nord à la mer Méditerranée par le Plateau suisse. Il traverse le Mormont entre Orny et Cossonay. En 1640, le premier tronçon, entre Yverdon et Orny est terminé. Huit écluses régulent ce bief de 17 km, récupérant une différence de niveau de 16 mètres, mais le canal n’ira jamais plus loin que Cossonay. Il est exploité alors pour le transport de marchandises entre Yverdon et Entreroches. En 1829, un orage détruit un pont aqueduc et obstrue le canal, provoquant la fin de son exploitation.

Deux platanes portent encore les traces des anneaux où on attachait les barges de transport. Ces platanes ont continué de pousser en prenant des formes très particulières, engloutissant les supports de ses larges branches, mais surtout les anneaux, maintenant invisibles de l’extérieur. La pointe de fixation de l’anneau pend librement à l’intérieur du tronc qui s’est évidé en vieillissant, alors que l’anneau lui-même reste encore englouti dans le tronc.

 

Début avril 2025, un camion casse une branche d’un des platanes lors d’une manœuvre.
Le propriétaire a tronçonné la branche abîmée et l’on peut voir que la branche a vécu longtemps avec très peu de bois. Elle repartira assure-t ’il.

Le plus grand des deux platanes

Des branches de forme très particulière

L’anneau est partiellement englouti dans le tronc et la pointe pend à l’intérieur

Cette branche a vécu longtemps avec très peu de bois

Le chêne de Perreux

Les chênes sont réputés vivre vieux !

Panoramix est par contre trop ancien pour avoir cueilli du gui sur le vénérable « Cassanus » de Perreux, dans les forêts de Boudry, malgré que ce chêne avait un âge plus que vénérable.

Il était donné comme le plus vieux chêne de Suisse en 1979, quand il a été abattu.

Ce Chêne est né au début de la réforme, environ 30 ans avant la restauration de la Tour Marfaux de Boudry où on installa une horloge en 1548. Si son horloge fonctionnait encore, sa petite aiguille aurait fait environ 157’000 tours de cadran au moment de l’abattage du chêne.

Le Chêne de Perreux, lui, a vu plus de 169’000 fois le jour se lever avant d’être transformé en bois d’œuvre.

45 ans après son abattage, la souche et les 5 mètres inférieurs de la bille (non utilisables car le cœur était atteint de pouriture) sont partiellement décomposées, mais encore bien visibles dans la forêt au-dessus de Perreux, pas loin de la Fontaine des Crapauds.

« Cassanus » est le nom gaulois du chêne

Le reste de la souche et le tronc vermoulu à l’arrière

Le tronc vermoulu et la souche à l’arrière

Sur la coupe de ce chêne, on compte 453 cernes. Avec les cernes manquants, il a 463 ans.

Le Tilleul de Longeaigues

Le tilleul de Longeaigue se situe sur la route entre Butte et Sainte-Croix. Il est né il y a environ 200 ans pousse au bord de la rivière « Le Buttes ». Dans la région, on l’appelle également le « Charpentier de Longeaigue » à cause de ses énormes charpentières.

Le tilleul est associé à des divinités féminines ou à des femmes de légende. Chez les Vikings, par exemple, le tilleul était dédié à Frigga, l’épouse d’Odin, déesse de l’amour maternel, de la fécondité mais aussi du passage entre la vie et la mort. En Europe, il est parfois appelé « Arbre de Vénus ».

 

Les fleurs de tilleul sont utilisées pour leurs vertus gustatives et médicinales et les abeilles raffolent tant de ses fleurs que du miellat qu’elles recueillent sur ses feuilles en cœur. Son écorce solide était utilisée pour fabriquer des cordes. Au moyen âge, son bois tendre et blanc a ainsi servi à sculpter tant de saints qu’il a fini par être considéré comme bois sacré.

 

Le tilleul pousse vite et offre un ombrage agréable. La plupart on été planté en campagne, mais surtout dans les villes et villages où ils sont souvent un point de ralliement. Autrefois on réglait les problèmes de litige sous ses branches.

A droite de la route,  Ste-Croix Buttes,  à droite, le long du Buttes

Il a été haubané en 2006 pour éviter la casse de ses très larges charpentières.

Il a de très larges branches où de la mousse a élu domicile.

Le saule à feuilles de serpolet de la Dt de Morcles

Loin du saule pleureur, quelques saules se sont adaptés à la vie dans des conditions extrêmes. Ce sont des saules tapissant très petits. Ils ne se dressent pas fièrement dans les paysages et le randonneur à peine à croire qu’il marche dans une forêt de saules…

Le saule arctique est le plus petit d’entre eux et se rencontre autour de l’Océan arctique, Il mesure quelques cm et peut vivre 200 ans.

Le saule herbacé, le plus petit arbre d’Europe pousse dans les montagnes suisses et « atteint » les 4 à 10 cm de haut.

Le saule à feuilles de serpolet est un peu plus grand. Normalement il devrait ramper comme ses confrères, mais celui-ci a rencontré un petit rocher et se dresse comme un grand et fait le fier du haut de ces 12 cm.

Il habite 100 mètres en dessous de la Dent de Morcles.

Arbre ou sous-arbrisseau ?

S’ils sont si petits ces saules, peut-on les appeler « arbre » ?

Selon les définitions, un arbre est un végétal de haute taille, de longue longévité, dont le tronc se dresse droit, ses ramifications se développant en houppier à au moins 5 m de haut. L’arbre s’ancre dans le sol par ses racines, et pour soutenir sa structure est capable de fabriquer du vrai bois.

A part la hauteur, les saules tapissants répondent à tous ces critères.
Alors je continue à les appeler des arbres…

 

Ce saule habite 100 mètres en dessous de la Dent de Morcles

La saison est courte. Ici en juillet avec un retour de neige

Petit arbre, petit tronc et petites feuilles